Hunter S. Thompson a retourné contre lui une de ses armes fétiches, il y a presqu'un an , le dimanche 20 février 2005, à l'âge de 67 ans, alors qu'il était en ligne avec sa compagne
du moment...
Triste anniversaire...

Hunter Thompson n'était pas seulement l'auteur décadent de
"Las Vegas Parano" ou le dingue alcoolique allumé au speed qui tirait au fusil-mitrailleur sur les gongs de son jardin... Pas
seulement non plus le routard-envoyé spécial tapant ses articles en bermuda entre deux galères ou trois prises d'otages... Pas plus qu'on ne pourra retenir de lui que l'emmerdeur de stars se
shootant du gin-tonic pur en plein nombril au son du Jefferson Airplane...
Non, Hunter Thompson était
bien plus que tout cela. Une figure emblèmatique, comme on dit, presque le symbole de toute une tradition littéraire de
contre-culture, au même titre que par exemple Burroughs ou Kerouac... Mais un mythe qui pourtant ne voulait pas être un mythe, une légende vivante (du moins jusqu'à l'année dernière) qui faisait
tout pour détruire cette légende, un
nom qui crachait ouvertement sur sa propre renommée, à grands coups de provocations et de coups dans la gueule (à
tous les sens du terme...).
Il avait toutefois (ou plutôt réussissait à garder) l'admiration presque sans borne de ses fans les plus purs-et-durs et l'amitié des quelques proches, tels Johnny Depp, qui
passaient outre ses crises de folie et son addiction éthilique toujours grandissante...

Un rock'n'roller sans guitare mais dont les mots et les maux sonnaient comme les meilleurs chansons des Stones. Une tête de ligne de la contre-culture passée et présente... Qui refusait sa
dégénérescence physique, son récent fauteuil roulant et le spectre de plus en plus proche de la vieillesse. Qui aura refusé tout ça jusqu'à la mort. N'hésitant pas à mettre un terme brutal à ce
qu'il jugeait comme le début de sa propre fin, que de toute façon il savait proche...
Hunter Thompson était un rebelle d'une autre génération, de ceux qu'on ne retrouvera sans doute plus... Ou en tout cas, si un autre Hunter Thompson venait à se présenter à notre époque
sans illusions, sans doute ne le verrions-nous même pas...
Noyons-nous donc encore un peu dans un nuage de littérature liquide speedée, au moins une fois encore pour rendre un dernier hommâge à cet authentique
créateur.
Paix à son âme à jamais insoumise...
