Hier, voulant faire une petite surprise à mon chéri, je lui ai offert le film Mona et Moi de Patrick Grandperret, avec l'un de nos (anti)héros Rock & Roll, Mr Johnny
Thunders, dans son propre rôle... Depuis le temps que nous cherchions ce film, nous étions ravis de le trouver enfin à la fnac de Toulouse (comme
quoi les miracles arrivent !).
Ce film est plus qu'à la hauteur de sa réputation, un des rares films qu'on peut voir deux fois de suite sans ennui et avec le même enthousiasme.
L'histoire
Pierre est amoureux de Mona. Ils squattent avec sa bande de potes Ricky et Olive (et Gaétan le serpent sympa)
. Pierre est le pseudo manager du groupe punk-rock de ses copains. Ces losers attachants qui au final nous ressemblent pas mal
partagent leur vie entre dope, embrouilles à deux balles, amours et musique. Quand notre anti-héros rencontre l'icône punk Johnny Valentine (Johnny
Thunders),
il décide de tout faire pour organiser un
concert avec l'idole et sa bande. Mais tout ne va pas se passer au mieux... D'autant plus que Pierre se livre à un petit jeu dangereux avec Mona. Jeu à cause duquel il risque de perdre
beaucoup...
"Les dialogues sont au rasoir, les
scènes voltigent, le casting explose (...) c'est neuf, consternant, drôle, incohérent, sympa, déroutant et sacrément attachant"
(L'Express)
Mona et moi a connu des débuts difficiles et a bien failli ne jamais voir le jour. Après son premier film, "Court circuits" (1981), récompensé par le prix Jean-Louis Bory, Grandperret a mis huit
ans pour sortir Mona et Moi.
Au départ, il n'obtient aucun financement pour son premier scénario. Il décide alors d'auto-produire un pré-film de 20 minutes grâce auquel il obtiendra l'avance sur recettes
nécessaire : Simple Simon avec
Simon Reggiani, Jean-Claude Brialy, et déjà Jean-François Stévenin et Johnny
Thunders.

Le tournage se déroule dans une ambiance assez particulière. La troupe vit ensemble sur le décor et travaille quasi en continu et pratiquement sans répétition. Granperret et sa
compagne Dominique Galliéni réécrivent nuit près nuit le scénario en s'inspirant de cette vie en communauté. Le tournage se déroulera sur quatre semaines, mais le montage va s'étaler sur
plusieurs mois.
Les acteurs qui pour la plupart ne sont pas des pros sont exceptionellement authentiques et justes et Grandperret a eu un véritable trait de génie en incorporent des personnages "réels" à son
récit. Johnny Thunders (rebaptisé Johnny Valentine) et son groupe les
Heartbreakers (Billy Rath, Jerry Nolan accompagnés à l'époque par Henri-Paul Tortosa), ainsi que
Christopher Giercke, son manager de l'époque, jouent leurs propres rôles, créant ainsi un film d'un genre nouveau, sorte de mélange
entre documentaire sur le milieu rock et fiction.
Au final, un film modeste et sans prétention qui pourtant a du génie...
"Patrick Granperret fait du cinéma comme il l'entend. Il faut
l'écouter..." (Le Point)
Le film sera présenté au Festival de Cannes (1989) dans la section Parallèles. Il obtiendra le Grand Prix du Festival de Belfort et le prix Jean Vigo.
Salué par une critique unanime et par un public enthousiaste qui voient en lui un renouveau du cinéma français, Mona et Moi sera élévé au
rang de film-phare des années 80 et pour beaucoup il sera LE film culte, symbole de la génération punk-rock
française.

" Mona et Moi est l'ultime film rock" (Rock & folk)
Un vrai film de branleurs avec de vrais branleurs pour les branleurs (et les autres...)! En tous cas, nous n'avons qu'un conseil, précipitez vous à
la fnac pour le commander ou allez le louer, l'emprunter ou le voler, debroillez-vous mais allez le voir, car aucune culture rock ne saurait être
complète sans ce film ! Alors n'hésitez pas...

"Un vrai petit chef d'oeuvre, sans stars et sans esbrouffe mais avec une idée à chaque
image, une photo et un montage superbes et des comédiens épatants. Le ton de Grandperret est unique, tendre sans être complaisant, intelligent mais sans prétention. La petite musique de ce film
est de celles qui restent longtemps dans la tête." (Le Journal du Dimanche)
Si on ne devait garder qu'un ou deux qualificatifs, je dirais tout simplement que ce film est réaliste, vrai...
Authentique. Un film qui fait du bien par où il passe (yeux et oreilles) !
BON FILM !!!
"La vitalité du cinéma français a toujours reposé sur des gens
déraisonnables tels que Grandperret. Une espèce en voie de disparition qu'il importe de sauvegarder" (Bande à Part)